Explications sur un rapprochement

- 7/07/2006

«  Il suffit de passer le pont » chantait Georges Brassens.
C’est ce que viennent de faire David Remisse, entraîneur des féminines de l’ACBB et bon nombre de ses joueuses qui viennent de rejoindre notre club, en franchissant la Seine et le pont de Boulogne...
Cela n’a pas été sans provoquer des commentaires, généralement acerbes et surtout inexacts, parce qu’émanant de personnes mal informées.
Raison pour laquelle nous croyons utile de fournir aujourd’hui des explications sur ce court mais spectaculaire déménagement.
En donnant évidemment la parole au principal intéressé...

- David, pourquoi cet exode massif en direction d’Issy ?

-   Pour deux raisons essentielles : l’une a trait à la logistique, l’autre à l’ambition ; mais en fait elles sont étroitement imbriquées.
L’ambition, cela ne saurait être évidemment une fin en soi.
Mais c’est important tout de même quand on a l’esprit compétiteur. Or, à l’ACBB, la situation était totalement bloquée de ce côté-là !
Nous étions pourtant montés 3 fois en 3 ans, de 2003 à 2005 (comme Issy l’avait également fait entre 2002 et 2004) mais là, nous étions condamnés, au mieux, à demeurer en DH pendant des années !
Pour qu’un club de la DH parisienne accède à la D3, il doit en effet non seulement finir 1e de son Championnat avant d’éliminer deux adversaires au cours de 4 matches de barrages mais il doit aussi posséder un minimum de 10 licenciées 16 ans, 10 licenciées 13 ans, plus des Débutantes !
Or à Boulogne, c’était absolument impossible....

-   Pourquoi ?

-   Pour une question de terrain ou plutôt d’absence de terrain et c’est là qu’on en vient à la logistique dont je parlais plus haut...
Recruter de jeunes joueuses, c’était possible, bien sûr (nous avions déjà, par exemple, une équipe 16 ans). Mais sur quel terrain auraient-elles joué, en match comme à l’entraînement ?
Quand j’ai créé l’équipe féminine en 2002, on nous avait octroyé une moitié de terrain pour l’entraînement.
Quatre ans et trois montées plus tard, les conditions étaient les mêmes. Or la DH, ce n’est plus la PL...
L’hiver dernier, les intempéries aidant, les filles sont restées plus d’un mois et demi sans s’entraîner...
Et là, pour ne rien arranger, on nous a annoncé la destruction de la petite aire de jeu sur laquelle évoluaient les 16 ans.....tout en nous promettant la construction d’un nouveau terrain en 2010 !
C’était sans issue : les filles se trouvaient condamnées à stagner.
J’ai essayé de plaider leur cause, d’obtenir de meilleures conditions de travail. En vain. Je me suis même heurté à certains autres éducateurs du club qui, parce qu’ils dirigeaient des équipes de garçons de bon niveau, se sont montrés assez méprisants envers les filles et n’ont rien voulu concéder.
C’est un problème assez fréquent, d’après ce que je sais, au sein des clubs de garçons possédant des équipes de filles : au début tout va bien et puis, à mesure que les filles grimpent les échelons, elles dérangent. Elles prennent trop de place, coûtent trop cher... Le scénario est classique !
En tout cas je n’ai pris personne en traître. Quand j’ai vu que les conditions de travail, loin de s’améliorer, allaient encore se dégrader, j’ai dit au président que je risquais de partir et que beaucoup de filles me suivraient peut-être. Apparemment, on ne m’a pas cru...

-   Mais comment s’est fait le rapprochement avec Issy ?

-   Au tout dernier moment, vraiment et alors que le championnat était fini depuis longtemps !
D’ailleurs, notre match-aller contre les Chouettes ayant été reporté au printemps en raison de leur joli parcours en Challenge de France, les deux clubs ont été amenés à se rencontrer presque coup sur coup en fin de Championnat.
Or nous avons gagné à Boulogne (3-1) et fait match nul à Issy (1-1), leur faisant perdre 5 points...alors qu’elles ont fini deuxièmes à 6 points du 1e !
Heureusement, parce que si nous avions perdu ces deux matches, il se trouverait sûrement aujourd’hui des mauvaises langues et des gens « bien informés » pour affirmer qu’il y avait eu magouille et arrangement entre les deux clubs... !
En fait, je connaissais Corinne depuis longtemps. Nos rapports avaient toujours été très cordiaux, même dans le cadre de notre rivalité sportive et je savais qu’elle s’était beaucoup battue pour son club, qu’elle a pris en main en PL pour l’amener là où il est aujourd’hui.
Je n’ignorais pas non plus qu’il y avait à Issy des gens et un projet ambitieux, celui de bâtir un vrai grand club. Et qu’il y avait des terrains pour travailler ! Sans même parler du stade tout neuf (Gabriel-Voisin) dont les filles vont disposer à partir du mois d’octobre. Dès lors, la décision de partir, bien que douloureuse, s’imposait d’elle-même...

-   Ce qui a surpris tout le monde, c’est qu’autant de joueuses aient suivi le mouvement....

-  Je mentirais en ne reconnaissant pas que cela m’a fait plaisir ! Car c’est tout de même une sacrée preuve d’attachement envers leur coach qu’elles ont manifestée là...
Parce qu’il faut peut-être rappeler que l’argent n’a rien à voir dans cette affaire et que, à l’ACBB comme à Issy, les joueuses, non seulement ne touchent aucune prime de match mais paient toutes leur cotisation !
Moi, je ne leur ai rien caché. Elles savent que nous n’aurons droit qu’à 4 mutées en DH et à 6 en PL et que les places seront dures à gagner.
Mais elles ont joué le jeu et accepté un challenge qui, en fait, ne se joue pas sur une année mais à plus long terme...Ce sont des compétitrices !
Elles ont compris que, si l’on veut bâtir un grand club, il leur faut passer par cette saison qui sera peut-être un peu spéciale pour certaines ; mais qu’elles retireront par la suite les dividendes de leur attitude....
Pour certaines, la décision n’a pas été facile à prendre. Pour moi non plus d’ailleurs : l’ACBB, j’y avais signé ma 1e licence à l’âge de 13 ans et, après une escapade au Red Star suivie d’une blessure, j’y étais revenu comme joueur Seniors et comme entraîneur. La rupture a été douloureuse parce que je m’étais énormément investi dans cette tache auprès des filles, m’occupant à peu près de tout, du sportif comme de l’administratif, puisqu’il n’y avait pas de section féminine au sein du club, seulement des équipes...
Mais c’est ainsi : la page est tournée et j’ai hâte d’aborder la saison nouvelle, qui s’annonce passionnante....
Nous avons reçu un accueil chaleureux à Issy, l’amalgame va se faire très vite et je suis persuadé que tout ce qui nous attend, c’est du bonheur....
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FF Issy les Moulineaux - http://www.ffissy.net